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La pacification

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1917

Vers 1900, la politique néerlandaise s'oriente sur la protection des possessions coloniales et sur l'acquisition d'une place de choix sur le marché international des biens et des capitaux. Au milieu des grandes puissances europ éennes, les Pays-Bas appliquent une politique de stricte neutralité. Il est mis un terme à la querelle scolaire et le suffrage universel masculin est introduit.

Au tournant du siècle, la politique néerlandaise visait avant tout à proté ger les possessions coloniales et à ménager au pays une place de premier plan dans le commerce international et les mouvements internationaux de capitaux. Dans le concert des nations, les Pays-Bas avaient adopté une attitude de stricte neutralité. Ce n'était du reste que réalisme de la part d'un petit pays. Mais en 1871, les rapports de force changèrent du tout au tout en Europe, avec la cré ation de l'empire allemand, qui avait fait alliance avec l'Autriche-Hongrie et l'Italie. Face à cette Triple-Alliance, l'autre grand bloc européen était constitué par la France, l'Angleterre et la Russie, alliés au sein de la Triple-Entente, qui entendait faire front à une Allemagne en train de devenir une puissance économique. Les deux blocs investirent des sommes considérables dans le renforcement et la modernisation de leur arsenal militaire. Les Pays-Bas se tinrent à l'écart de ces manifestations de force, au nom de la sacro-sainte neutralité, dont se réclamaient aussi la Belgique et le Grand-Duché de Luxembourg.

Sur le plan économique, les Pays-Bas avaient le vent en poupe. Dans les grandes villes apparurent les premiers grands magasins. Le tramway à cheval s'effaçait devant le tramway électrique et les vélos étaient désormais équipés de pneus en caoutchouc. On commençait à voir circuler dans les rues des automobiles de fabrication néerlandaise, les Spyker, et Anthony Fokker construisait son premier avion à Haarlem.

Les ouvriers commencèrent à s'organiser en créant des syndicats. Le fé minisme fit son apparition, avec Aletta Jacobs (1846-1925), la première femme à s'inscrire à l'université pour faire des études de médecine, chose tout à fait inédite à une époque où la femme n'était pas censée exercer une profession. Aletta Jacobs se battit surtout pour le vote des femmes et pour des réformes sociales. Devenue médecin de famille à Amsterdam, elle fut très touchée par les conditions de vie des femmes d'ouvrier, qu'elle s'efforça d'améliorer en donnant des conférences gratuites et en dispensant gratuitement des soins aux nourrissons.

Le libéral P.W.A. Cort Van der Linden (1846-1925), premier ministre de 1913 à 1918, mena une politique qui cherchait à concilier la gauche et la droite sur les deux questions épineuses de la querelle scolaire et du suffrage universel, qui avaient dominé le débat politique pendant des années et qui trouvèrent une heureuse conclusion dans la " Pacification " de 1917. Les socialistes et les plus radicaux parmi les libéraux obtenaient le suffrage universel pour les hommes, tandis que les partis religieux (catholiques et protestants) obtenaient le financement intégral par l'État de l'enseignement privé, ce qui mettait fin à une longue querelle scolaire.

Le 28 juin 1914, l'archiduc héritier de la couronne d'Autriche-Hongrie, Fran çois-Ferdinand, était assassiné avec sa femme à Sarajevo, par le nationaliste serbe G. Princip, membre du Mouvement pour la Grande Serbie. Ce fut la goutte qui fit déborder le vase : après de multiples accusations et ultimatums que s'adressèrent mutuellement la Triple-Alliance et la Triple-Entente, éclatait, le 4 août 1914, la Première Guerre mondiale et les Allemands envahissaient le territoire de la Belgique.

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