Dans les années trente, le premier ministre anti-révolutionnaire, Colijn, mè ne une politique conservatrice. Les Pays-Bas sont le dernier pays à abandonner l'étalon or, en 1936, une des raisons pour lesquelles ils sont durement touchés par la crise.
Après la Première Guerre mondiale, des révolutions socialistes éclatèrent dans de nombreux pays d'Europe, comme cela s'était déjà passé en 1917 en Russie, où les bolcheviks avaient réussi à s'emparer du pouvoir. Aux Pays-Bas aussi, le parti socialiste était d'avis qu'il était temps que le prolétariat prenne le pouvoir. Pieter Jelles Troelstra, le leader du SDAP, exhorta le gouvernement, dans un discours enflammé devant la Chambre des Représentants, à laisser la place à son parti. Toutefois, il se leurra sur la réaction de sa base qui le laissa tomber et continua de soutenir le gouvernement et la reine. En 1920, les Pays-Bas adhérèrent à la Société des Nations (SDN), précurseur des Nations Unies, créée pour intensifier la coopération internationale et promouvoir la paix et la sécurité dans le monde. En 1922, une nouvelle Constitution entra en vigueur, qui accorda aux femmes le droit de vote et aux colonies une plus grande autonomie.
En 1929, le monde fut ébranlé par le krach boursier de New York. Il s'ensuivit une grave crise économique mondiale. Les Pays-Bas et les Indes né erlandaises traversèrent des moments difficiles. Dans la logique de l'économie libérale de l'époque, on pensa au début que la crise passerait d'elle-même et qu'elle serait suivie d'un fort redressement. Le maintien de la convertibilité du florin fit toutefois s'aggraver la crise, et les exportations chutèrent. Les conséquences furent énormes : en 1935, 40 % de la population active était au ch ômage. Les Pays-Bas furent néanmoins le dernier pays à abandonner l'étalon or, en 1936.
L'entre-deux-guerres fit souffler un vent nouveau venu d'Amérique : celui de la nouvelle mode, du jazz, du cinéma et de l'avènement de la radio. Les vê tements se firent plus fluides et moins guindés, surtout pour les femmes. Dans les nouvelles salles de cinéma, on jouait des films d'Hollywood et dans les boî tes de nuit retentissait la musique de jazz. Les Pays-Bas diffusèrent leur première émission de radio en 1924, année où fut crée la société de diffusion Algemeene Vereeniging Radio Omroep (AVRO). Cette société n'était pas liée à un courant politique ou confessionnel particulier. Pourtant, pour générale qu'elle fût, elle était encore trop générale pour une société néerlandaise qui tenait fortement à sa propre identité. C'est ainsi que furent créées successivement la Nederlandse Christelijke Radio Vereeniging (NCRV), la Katholieke Radio Omroep (KRO), la Vereeniging van Arbeiders Radio Amateurs (VARA) et enfin la Vrijzinnig Protestantse Radio Omroep (VPRO), qui sont encore présentes sur les ondes aujourd'hui.
Dans le domaine culturel, les Néerlandais les plus célèbres qui acquirent une renommée mondiale furent les architectes Jacobus Johannes Pieter Oud et Gerrit Thomas Rietveld ainsi que le peintre Mondrian, tous liés au magazine De Stijl, fondé par Theo Van Doesburg. De Stijl prônait l'exclusion de toute référence à tout élément de la réalité tangible, un principe que Mondrian, par exemple, a poussé dans ses tableaux jusqu'à l'extrême. De Stijl a eu une énorme influence sur l'art contemporain. Il n'a pas seulement influencé l'architecture, la peinture et la sculpture, mais il a aussi poussé les poètes et les écrivains à rendre visible et à exprimer l'harmonie universelle, la loi qui gouverne l'homme et l'univers.
La reine-mère Emma et le prince Hendrik, mari de la reine Wilhelmine, moururent en 1934 peu de temps l'un après l'autre. La fille unique de la reine, la princesse Juliana, épousa en 1937 le jeune prince allemand Bernhard Van Lippe-Biesterfeld. Quatre filles furent issues de ce mariage, dont Beatrix, la princesse héritière.
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