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Les Compagnies réunies des Indes orientales

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1602

Johan van Oldenbarneveldt crée la Compagnie des Indes orientales (VOC) qui allait devenir l'une des plus riches entreprises commerciales du monde.

Vers la fin du XVe siècle, les Portugais, bientôt suivis par les Espagnols, avaient découvert la route par la mer qui menait aux riches territoires de l'Asie. Pendant longtemps ils furent les seuls à commercer avec l'Orient. Mais à la fin du XVIe siècle la jeune république voulut avoir sa part dans ce négoce hautement lucratif, et dès 1595 les premiers bâtiments néerlandais s'élancèrent sur la route de l'Asie. Leur voyage dura deux ans, mais à leur retour les perspectives semblèrent si prometteuses que se créèrent dans la foulée plusieurs " Compagnies de Loin ", qui se firent d'ailleurs une dure concurrence. Pour é viter l'affrontement avec les Espagnols et les Portugais, les Hollandais cherch èrent un passage par le nord-est, mais toutes leurs expéditions échouèrent devant la banquise des mers du Nord.

Johan van Oldenbarnevelt réussit en 1602 à faire fusionner les innombrables compagnies qui avaient vu le jour en une seule, la VOC (" Compagnies Réunies des Indes Orientales "), à l'exemple de la Compagnie anglaise des Indes Orientales. La VOC ayant réuni un capital de départ dix fois plus important que celui de la compagnie anglaise, elle dépassa rapidement sa concurrente. Ce capital, auquel pouvait souscrire tout habitant de la république, et qui totalisait six millions et demi de florins, permit notamment la construction d'une importante flotte de commerce et de guerre. La direction de la VOC était assurée au niveau local par six " chambres " établies dans les villes d'Amsterdam, Middelbourg, Delft, Rotterdam, Hoorn et Enkhuizen, et au niveau central par un conseil central, les " Dix-Sept Messieurs ", où siégeaient des représentants des six chambres et qui constituait l'organe suprême de la compagnie.

La république accorda des pouvoirs étendus à la VOC qui obtint ainsi le monopole du transport et du commerce avec l'Orient, le droit de conclure des alliances, de mettre sur pied une flotte et une armée, de nommer des gouverneurs et des juges, et même de juger ses employés. Son succès éclipsa celui de toutes les compagnies commerciales de son temps. Par ailleurs, la VOC constituait une redoutable arme économique, politique et militaire face aux Espagnols et aux Portugais. A son apogée, elle entretenait des comptoirs en Perse, en Inde, en Chine, au Japon et en Indonésie. Elle créa dans l'île de Java la ville de Batavia (aujourd'hui Djakarta), qui devint le centre nerveux de tout son commerce en Asie. Au Japon, les Hollandais furent pendant plus de deux siècles (jusqu'en 1854) les seuls autorisés à commercer avec ce pays. La compagnie garda le monopole absolu du commerce avec l'Extrême-Orient de 1602 à 1799.

En 1621 on créa aussi une Compagnie des Indes Occidentales. Cette WIC était autorisée à commercer en Afrique et dans les Indes occidentales. Un grand marin, Piet Heyn, fut nommé en 1623 vice-amiral de la flotte. Son exploit le plus mé morable fut la capture en 1628 devant la côte cubaine de la " flotte d'argent ", chargée de rapporter en Espagne l'argent extrait des Amériques ; le butin atteignit douze millions de florins, somme énorme pour l'époque. L'opération faisait partie d'un plan systématique d'attaque des transports espagnols d'argent. C'est d'ailleurs dans la course - cette forme de piraterie autorisée par les États - que la compagnie remporta le plus clair de ses succès. Frappés par les qualités de chef et de stratège de Piet Heyn, le prince Maurice et son conseiller Van Oldenbarnevelt décidèrent de lui confier la rénovation de la flotte hollandaise et le nommèrent en 1629 lieutenant-amiral, mais quelques mois plus tard il fut tué lors d'une campagne menée contre les corsaires de Dunkerque.

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